01.03.2011

Appel à une commémoration nationale le 10 mars 2011 à Paris.

COMMUNIQUÉ DE LA COMMUNAUTÉ TIBÉTAINE DE FRANCE

 

La Communauté Tibétaine de France, en coordination avec le Bureau du Tibet, se prépare à la commémoration du 52ème anniversaire du soulèvement du peuple tibétain contre l’occupation chinoise du Tibet, 
le jeudi 10 mars 2011, à 15h
sur le parvis des Droits de l’Homme, 
au Trocadéro, à Paris. 
Métro : Trocadéro ligne 9 ou 6.

Cette commémoration se poursuivra par une marche pacifique de protestation vers l’ambassade de la République populaire de Chine à Paris.

Le gouvernement de la République populaire de Chine règne d’une main de fer sur le Tibet depuis son invasion militaire en 1950. La Chine a causé au Tibet et à son peuple une perte colossale d’êtres humains et de biens matériels inestimables. Elle n’a pas encore rendu des comptes devant les instances internationales sur les conséquences de son occupation féroce du Tibet, ainsi le peuple tibétain persiste à revendiquer que la justice soit rendue équitablement.

Le pouvoir occupant chinois mène en continu de multiples opérations de pillages de toutes les richesses du pays et, dans le même temps, les services en charge de la propagande chinoise font croire au monde entier que la Chine apporte au Tibet la civilisation moderne et le bien-être matériel ; ceci, afin de s’acheter une légitimité de la présence chinoise dans un pays occupé illégalement. Or, le fiasco du parcours de la flamme olympique, à Paris, a montré clairement à la Chine communiste que l’opinion publique internationale n’est pas dupe de la situation au Tibet.

Nous condamnons fermement les traitements faits aux populations tibétaines dans leur propre pays (Tibet) avec une politique d’apatride, où les Tibétains sont laissés pour compte par les autorités chinoises dans les affaires économiques et sociales. La culture tibétaine a subi un coup considérable sous "la folie collective de l’ère Mao", et la langue tibétaine n’est officiellement d’aucune utilité dans l’administration coloniale, où seul l’usage du mandarin est la règle.

Le gouvernement chinois poursuit, depuis 1980, une politique de sinisation de la culture tibétaine, malgré la libéralisation de l’économie à l’intérieur de la chine. Cette politique est caractérisée par une politique de discrimination, ainsi que par une politique de "deux poids, deux mesures" selon son destinataire.

La chape de plomb s’est alourdie sur le peuple tibétain après les Jeux olympiques de Pékin, et on assiste régulièrement à des répressions policières et militaires à l’encontre des Tibétains, qui ne font qu’exprimer pacifiquement leurs opinions politiques ; les objectifs des médias occidentaux s’étant tournés ailleurs, la Chine dispose d’une carte blanche pour réprimer les Tibétains sous le silence inquiétant de "la communauté internationale".

En 2008, à la surprise générale de la Communauté tibétaine en exil, dans son ensemble, et de son gouvernement basé à Dharamsala en Inde, nous avons tous appris qu’un soulèvement général des Tibétains du Tibet avait lieu dans plus de 90 localités différentes à travers le pays ; ce soulèvement populaire tibétain a démenti l’image d’un Tibet "émancipé, prospère et moderne" ; image qui n’a de cesse d’être répétée par le gouvernement chinois sur la scène internationale.

Selon un rapport annuel  rendu public le 12 Janvier 2011 par le Centre Tibétain pour les Droits Humains (TCHRD), basé à Dharamsala, en Inde, le gouvernement chinois détient 831 prisonniers politiques tibétains dont 360 d’entre eux ont été condamnés par l’appareil de "Justice", sans avoir eu accès aux droits de la défense, et parmi eux ,12 personnes sont condamnés à perpétuité.

Le rapport indique qu’en 2010, 188 tibétains sont connus pour avoir été arrêtés ou détenus, dont 71 d’entre eux ont été condamnés par les tribunaux dans les mêmes conditions de déni du droit.

Par ailleurs, le rapport souligne que depuis 2008, plus de 60 écrivains tibétains, blogueurs, intellectuels et personnalités du monde culturel ont été arrêtés. Nous savons également que 9 Tibétains ont été condamnés à mort, et parmi eux deux ont été exécutés, et les autres ont un sursis d’exécution de deux ans. Parmi ces derniers M. Sonam TseringLama Lhakpa et Sodor Kolu originaire du monastère de Chamdo. Ceci témoigne bien la réalité des conditions de vie des Tibétains militants pour la reconnaissance de la liberté d’expression ; en conséquence, nous devons dénoncer avec détermination, les abus et les violations aggravées et répétées des droits fondamentaux du peuple tibétain par le gouvernement chinois au Tibet.

A travers cette journée de mobilisation citoyenne, nous appelons à la résolution du problème de l’occupation chinoise du Tibet, par la voie du dialogue, dans un esprit de reconnaissance mutuelle. Que ceci puisse conduire vers un Tibet libre et autonome en substance.

Vive le Tibet libre et longue vie à Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Par Thupten Gyatso, Président de CTF, pour le Bureau de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis"


 

12.12.2010

Film "Himalaya, le chemin du ciel"

16 déc 2010, Arte

 

Film "Himalaya, le chemin du ciel"

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Himalaya, le chemin du ciel
Marianne Chaud

Jeudi 16 décembre à 15h30 sur Arte
Réalisation : Marianne Chaud, Arte France, ZED Productions. 
France, 2008, 65 mn

L’incroyable odyssée hivernale, à travers les montagnes himalayennes, de moines bouddhistes partis officier dans les villages. Une immersion inédite réalisée par une jeune ethnologue.

Résumé 
Au plus froid de l’hiver, dans les montagnes himalayennes du Zanskar, les moines bouddhistes de Phukthal  [1] quittent leur monastère. Pendant un mois, ils traversent des paysages de neige et de glace, empruntent des sentiers vertigineux, longent le lit des rivières gelées. 
Leur but : se rendre dans les villages situés à plusieurs jours de marche pour y effectuer des prières d’abondance dans chaque maison. Le petit Kenrap, moinillon âgé de seulement 8 ans, fait partie de l’expédition...


La jeune ethnologue Marianne Chaud a su convaincre les moines de Phukthal de se laisser filmer. Elle voulait s’affranchir "des mythes et des préjugés qui réduisent l’Himalaya bouddhiste à une carte postale exotique" afin d’approcher au plus près l’intimité de la communauté, constituée d’une cinquantaine d’hommes de 8 à 80 ans. 
En caméra subjective, elle les suit dans leur unique sortie annuelle, au fil de leur incroyable périple. L’occasion, pour eux, de retrouver leurs familles et de s’immerger brièvement dans la vie villageoise ; pour nous, d’entrer de plain-pied dans un autre monde, empreint de spiritualité et marqué par le dénuement.

Rediffusion : 22 déc. 2010 à 01h40

"Une semaine en Himalaya"

Un vent d’Himalaya souffle cette année sur Paris pour les fêtes de fin d’année !

 

Une semaine de concerts, lectures, projections, tables rondes,

ateliers et visites

Musée du Quai Branly
du 26 au 30 décembre 2010
37 Quai Branly 75007 Paris.

 

A cette occasion, et pour la première fois, trois grands artistes de renom mêleront leurs voix et leurs instruments pour un concert exceptionnel à la découverte des plus belles mélodies du Tibet. 
- Tshering Wangdu,  
- Lobsang Chonzor  et 
- Namgyal Lhamo  
vous convient à un voyage musical sur le Toit du monde, 
les lundi 27 et mardi 28 décembre à 17h 30
au Théâtre Claude Lévi-Strauss
Chacun d’entre eux, avec son répertoire particulier, vous offrira ainsi le meilleur de la musique tibétaine.

- Loten Namling , barde spécialiste de Milarepa  
mercredi 29 décembre à 17h30 
au Théâtre Claude Lévi-Strauss.

- Lama Gyurme et Jean-Philippe Rykiel  
jeudi 30 décembre à 20h00 
au Théâtre Claude Lévi-Strauss.

Autour des concerts : 
- projection et table ronde autour d’Alexandra David-Néel, 26 déc. 16h
- Mandala de sable, du 27 au 30 déc
- cinéma avec une dizaine de séances de films de fiction 
- ateliers et visites : jeu de piste yéti et visite expédition. 
- ateliers :

  • calligraphie tibétaine avec Dorje Sangpo27, 28, 29 déc. 14h30
  • chant tibétain avec Namgyal Lhamo28 déc. 11h30.

Les vastes territoires de l’Himalaya sont longtemps restés inconnus du monde. C’est vers les années 60 que les premiers véritables contacts eurent lieu via les Tibétains en exil, et que Népal, Bhoutan, Ladakh et Tibet devinrent accessibles. La civilisation tibétaine englobe aussi une partie de l’Anurachal Pradesh indien et le Sikkim.

Cette mosaïque trouve un semblant d’unité dans le bouddhisme tantrique ou Vajrayana ("Véhicule du diamant") et le bouddhisme, introduit au 7e siècle au Tibet, reste la pierre angulaire de cette immense région. Mais outre les liturgies et les danses rituelles bouddhistes, il existe au Tibet un large éventail de styles profanes. Des sentiers de l’Himalaya au chemin de l’exil, le poète chante la beauté éternelle du Tibet et évoque l’amour, la splendeur de la nature, rendant aussi hommage aux grands maîtres religieux ou chantant le répertoire d’opéra lhamo ("déesse du chant").

Voir le programme complet sur le site du Musée du Quai Branly.

 

21.11.2010

DELHI / PEKIN,: L'Inde s'inquiète d'une attaque potentielle et à court terme sur ses frontières par la Chine ...

Category: General
Posté par : RFT
Date : 21/11
Cet article important du 11 novembre 2010 vient de nous être communiqué 
Traduit par France-Tibet de :
http://www.facebook.com/l/54636lifonah7cZYL_UGJCCkg5g;TibetanReview.net, 

L’ancien Ministre indien de la défense– M. Mulayam Singh Yadav – a annoncé au Parlement Indien, le 9 novembre 2010, que la Chine pourrait attaquer l’Inde bientôt et que la menace nécessitait d’être prise au sérieux en référence à l’invasion de 1962.

"La Chine étend ses réclamations sur plusieurs de nos Etats comprenant l'Arunachal Pradesh,l'Himachal Pradesh et l'Uttarkhand sans compter la région de Ladakh….Elle pourrait nous attaquer bientôt… l'attaque peut avoir lieu n'importe quand "...
ainsi que le déclarait le chef du Parti Samajwadi (SP)devant le Lok Sabha, la Chambre basse du Parlement, ( Zero Hour).

L'agence de presse PTI indiquait le 9 novembre que la controverse de Yadav avait été soutenue par M.Sharad Yadav chef du parti Janata dal (uni) ajoutant que le chef du SP souhaite que le Parlement envisagerait immédiatement quelles mesures prendre.
Et le rapport a cité M. Pranab Mukherjee, Ministre des finances :
" Nous discuterons ce problème."
Le rapport de Yadav arrive juste après que le chef d'armée, le Général indien VK Singh' ait constaté que l'Inde n’était " pas sûre" ; des intentions de la Chine dans le développement d’infrastructures le long des frontières. Il a noté que tandis que celles-ci peuvent fort bien être prévues dans l'intérêt des populations locales, comme proclamé, les « intentions peuvent changer, (et) avec ces possibilités, les choses peuvent tourner mal. Et c'est ceci qui constitue une question préoccupante. » Le Général avait cependant dit qu'une répétition de l'agression chinoise de 1962 n'était " jamais" possible.

Traduction France Tibet, le 21 novembre 2010

 

06.11.2010

Visite de Hu Jintao en France

 

Aujourd'hui Sarko lèche les bottes de Hu Jintao, demain, une fois que les chinois seront bien incrustés en France, auront bien "récupéré" tous nos savoir-faire, connaîtrons toutes nos forces et nos faiblesses et n'auront donc plus besoin de nous, la botte léchée aujourd'hui nous écrasera comme un vulgaire mégot !

Sarko tu prends modèle sur la Chine ? tu n'es pas à la hauteur et tu te feras avaler par l'ogre et nous avec !

En plus ce n'est pas un modèle !!!

 

http://www.france-info.com/chroniques-un-monde-d-info-201...

 

http://www.lepost.fr/article/2010/11/05/2294308_manifesta...

04.11.2010

Liu Xiaobo pétition

 

 Allez sur le site de reporters sans frontières et signez la pétition pour soutenir et demander la libération du nouveau prix Nobel, Liu Xiaobo :

http://fr.rsf.org/petition-liu-xiaobo,38700.html

"Monsieur Hu Jintao, président de la République populaire de Chine,

Nous souhaitons attirer votre attention sur le cas de Liu Xiaobo, arrêté le 8 décembre 2008 et condamné le 25 décembre 2009 à onze ans de prison ferme. À notre connaissance, Liu Xiaobo n’est coupable d’aucun acte illégal et toutes ses actions ont été menées pour la défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse, conformément à la Constitution chinoise.

Lauréat du prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo est aujourd’hui emprisonné. Nous vous prions donc d’intervenir rapidement afin d’obtenir sa libération, l’abandon de toutes les charges pesant contre lui et ses proches, notamment son épouse Liu Xia, assignée à résidence à Pékin.

Nous vous demandons de tout mettre en œuvre pour que tous les prisonniers d’opinion chinois soient libérés et que la liberté d’expression de tous les citoyens soit garantie.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération."

 

12.10.2010

La Chine, l'Europe et le prix Nobel

Editorial de Jean-Dominique Giuliani

 

La Chine est en train de découvrir que la puissance ne se résume pas à un taux de croissance.
Le Premier ministre Wen Jiabao, participant au sommet Europe-Asie, a refusé, non sans arrogance, toute discussion sur le cours forcé du Yuan, véritable artifice qui gonfle de près de 40% la compétitivité de son pays et ses performances économiques, qui déstabilise gravement le commerce international et cache donc bien les fragilités de l'extraordinaire développement de l'Empire du milieu.
Il avait commencé son périple par Athènes, pour y faire quelques emplettes et profiter des faiblesses actuelles de la Grèce, puis il l'a poursuivi par la Turquie pour exploiter la volonté locale de regarder ailleurs, vraisemblablement vers une nouvelle route de la soie aux reflets encore plus mercantiles.
Au même moment le prix Nobel de la Paix était décerné, malgré de vaines pressions de son gouvernement, à l'un des dissidents chinois les plus emblématiques parce que modéré et exemplaire. Depuis le printemps de Tienanmen, en 1989, Liu Xiaobo n'a pas faibli dans sa revendication de voir enfin progresser en Chine la liberté d'expression, le respect des Droits de l'Homme et l'état de droit. 
A voir les réactions chinoises, on comprend que cette demande insistante ébranle à elle seule l'actuel modèle de développement de la Chine, un peu trop magnifié par les commentateurs désormais tombés du côté des sino-béats.
Pourtant la question est légitime: la première puissance du monde peut-elle s'abstraire des règles élémentaires de la Démocratie et du respect de la personne, comme voudraient le faire croire les adeptes d'un nouveau confuciusianisme appelé en renfort pour justifier le maintien d'un système politique totalitaire proche de l'époque soviétique?
A cette question les peuples répondent plus facilement que les gouvernements.
A Istanbul les manifestants affichaient "Ne croyez pas aux mensonges de la Chine". Déjà en Afrique les paysans s'émeuvent de ces nouveaux colonisateurs en invoquant les souvenirs de l'escalavage. On se souvient que le passage de la flamme olympique en France et au Royaume-Uni avait provoqué une colère populaire spontanée et imprévue.
Lorsqu'on comprendra que sans le soutien de la Chine, le régime insoutenable de la Corée du Nord s'effondrerait en quelques jours alors qu'elle accepte qu'une 3ème génération de Kim dictacteurs poursuive ses basses oeuvres, on peut s'attendre à de violentes réactions. De même que son soutien au Soudan choque de plus en plus les consciences et permet la poursuite des massacres et que celui qu'elle accorde à l'Iran est fort dangereux pour la paix mondiale.
Et oui, M. Wen, pour les peuples, il n'y a pas de développement économique durable sans liberté et de richesse réelle sans respect des droits de la personne!  Il n'y a pas de respect sur la scène internationale pour qui ne prend pas en compte les intérêts communs.
L'Europe, cette fois-ci, pourrait bien se servir de l'une de ses armes les plus puissantes, celle que forment ses peuples attachés à la liberté, à un modèle universel qui respecte les droits de l'Homme et pour lequel ils sont prêts à se battre. Et elle ne sera pas seule quels que soient les intérêts économiques en cause. La demande des gouvernements européens et américain de relacher Liu Xiaobo a peut-être une chance d'être exaucée. De même que leur souhait de voir enfin ce pays progresser vers un véritable état de droit. Ce serait une bonne nouvelle. Mais l'attitude actuelle de la Chine pose des questions essentielles qui pourraient renforcer les positions européennes et au-delà celle de l'ensemble transatlantique, qui concentre toujours plus de la moitié de la richesse mondiale et qui milite en faveur d'une vraie régulation internationale. Nous devons mettre fin à la guerre monétaire. Nous devons renforcer et respecter les organismes multilatéraux qui sont autant d'amortisseurs aux chocs des puissances, nous devons oeuvrer pour la promotion des libertés, condition du développement humain. Non pas pour notre seul intérêt, mais pour le bien de l'humanité.
C'est le sens de ce prix Nobel et des réactions européennes à cette distinction. Et nul ne peut impunément s'affranchir durablement de ces obligations. La Chine doit adopter une attitude plus digne d'une grande puissance et plus conforme à l'intérêt commun. 
Sinon, on peut prédire à la planète des moments difficiles, des affrontements farouches et un jour violents, puisqu'il s'agit de l'avenir du genre humain. Nul ne le souhaite. Mais, malgré son caractère inachevé, l'Europe a démontré qu'elle sera au premier rang et ne se trompera pas de camp.

16.09.2010

Rassemblement pour la liberté d'expression au Tibet

"L’association de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis" lance un appel pour un rassemblement citoyen afin de dénoncer les traitements inhumains et les oppressions systématiques infligés à l’encontre des opposants tibétains par les autocrates chinois dans le Tibet occupé.

Le gouvernement de la République populaire de Chine a mis en place un système de terreur et d’intimidation politique qui atteint toutes les couches de la société tibétaine, au cours de l’année 2010.

Ce pouvoir occupant ignoré et rejeté par les populations tibétaines n’a seulement recours qu’à la violence pour mater les opposants politiques et les résistants tibétains.

L’année 2010 a été une année de condamnation des dissidents tibétains dans le cadre de procès politiques, ensuite il y a eu beaucoup d’arrestations d’écrivains, de chanteurs et de journalistes ; ainsi, Reporters Sans Frontière (RSF) énumère une quinzaine d’écrivains et journalistes dans l’ensemble des régions tibétaines. Ce chiffre n’inclue pas l’ensemble des personnes arrêtées par la force de "la sécurité publique chinoise".

"La libération pacifique du Tibet" n’est autre qu’une invasion d’un pays libre et indépendant par une puissance voisine et la présence chinoise au Tibet cache une exploitation coloniale, où les populations insoumises sont poussées à la marge de la société.

Nous souhaitons saisir cette occasion de mobilisation citoyenne, pour appeler les autorités chinoises à cesser sa politique répressive et arrogante à l’égard du peuple Tibétain.

Le moment est arrivé pour le gouvernement chinois de nouer une relation sincère sur la base d’un pied d’égalité avec le gouvernement légitime du Tibet dirigé par Sa Sainteté le Dalaï Lama afin d’aborder l’avenir du Tibet dans le souci du respect des Droits du peuple tibétain, et dans celui d’une reconnaissance mutuelle. Tant que le peuple tibétain ne sera pas reconnu dans son identité culturelle et dans ses droits les plus fondamentaux, les Tibétains avec leurs supporters du monde restent activement mobilisés pour faire entendre la voix du Tibet.

Nous vous demandons de faire connaître cet appel auprès de vos amis et de venir vous même et massivement, pour manifester votre appui solidaire avec le Tibet. Nous vous remercions à l’avance.

Par le Bureau de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis".

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26.06.2010

"Au Tibet, nous avons besoin d'un projet"

Interview

Par Marc Epstein, publié le 26/06/2010 à 07:00

 

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Le karmapa lama, 25 ans, fan de Facebook et possible successeur du dalaï-lama.

 

A 25 ans, le karmapa-lama est l'une des figures majeures du bouddhisme tibétain. Pourrait-il succéder un jour au dalaï-lama? L'idée semble effrayer l'Inde, sa terre d'accueil, qui l'a privé il y a peu d'une tournée en Europe. L'Express est allé le rencontrer.

Voici un garçon venu du Toit du monde. Fils de nomades tibétains, Ogyen Trinlé Dorjé a été reconnu comme une "sainte incarnation" - la 17e, dans la lignée des karmapas, vieille de neuf cents ans. Avant de fuir la Chine en décembre 1999, à travers les montagnes de l'Himalaya, le jeune homme était le seul lama reconnu à la fois par le dalaï-lama et par le gouvernement de Pékin.

Aujourd'hui, certains voient en lui un successeur éventuel au chef des Tibétains en exil, âgé de 74 ans. Une perspective que le jeune homme refuse d'envisager - les karmapas ont toujours joué un rôle purement spirituel, rappelle-t-il, et n'ont jamais exercé le moindre rôle politique. Reste que l'idée semble inquiéter certains. Sa tournée en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, prévue ce mois-ci, a été annulée, car les autorités indiennes ont refusé de délivrer les autorisations nécessaires. Sans doute soucieux de préserver ses bonnes relations avec Pékin, New Delhi ne semble guère enthousiaste à l'idée que les tibétains en exils se découvrent, après la disparition inévitable du dalaï-lama, un nouveau leader charismatique. Et le jeune homme, qui a grandi sur les hauts plateaux du sud-est du Tibet, semble désormais limité dans ses mouvements.

A 25 ans, fan de facebook et propriétaire actif d'une console de jeu, le karmapa-lama a longuement interrogé le photographe de L'Express sur les qualités et les défauts de son appareil numérique professionnel. Avec sa voix douce, ses yeux brillants et son sourire ravageur, on comprend que les Indiens aient hésité à le laisser se montrer en Occident - à Londres, le prince Charles avait déjà manifesté le désir de le rencontrer.

Le garçon venu du Toit du monde ira loin. Parmi les bouddhistes tibétains en exil, il est déjà l'"idole des jeunes".

Quel est votre plus ancien souvenir ?

Le bruit des chevaux au galop dans la plaine. Ce jour-là, j'étais allongé sous une tente, me semble-t-il, auprès de mes parents. Jusqu'à l'age de 7 ans, j'ai habité dans la région reculée du Kham [sud-est du Tibet]. Nous étions des paysans nomades. Ç'a été le meilleur moment de ma vie. J'avais le coeur léger et tout me semblait simple. Je n'avais aucune inquiétude et, de fait, aucune raison d'en avoir. Je vivais dehors, dans un paysage de grands espaces. Mes parents possédaient des troupeaux de chevaux ; très tôt, j'ai appris à les monter.

En 1992, alors que vous alliez avoir 7 ans, vous êtes reconnu officiellement comme la 17e réincarnation du karmapa et devenez, à ce titre, le chef d'une des quatre écoles majeures du bouddhisme tibétain. Avez-vous compris, alors, ce qui vous arrivait ?

Quand l'équipe de reconnaissance est venue de Lhassa, elle s'est d'abord rendue dans un monastère, non loin d'où nous habitions. Ces visiteurs ont posé de nombreuses questions, en particulier à mes parents, qui ne comprenaient pas toujours. Le Tibet est un immense territoire, où la population est très dispersée et s'exprime avec de nombreux dialectes.

Par la suite, ces inconnus vous emmènent à Lhassa, la capitale, où vous êtes plongé dans un environnement totalement nouveau. Qu'avez-vous ressenti?

J'étais un enfant. Tout cela me semblait excitant. Quelle aventure! On m'a fait monter dans une voiture - la plus grosse que j'aie jamais vue - et, à l'intérieur, je me souviens avoir pensé que l'on m'offrirait sans doute de nombreux jouets et que la vie serait belle. A l'approche de Lhassa, cependant, j'ai commencé à éprouver des craintes. Peut-être ne serait-ce pas si facile... Comment une existence serait-elle aisée si vous êtes au centre de l'attention de tout le monde? En fait, j'avais déjà tout compris.

Est-ce à dire que vous êtes devenu karmapa sans joie, à contrecoeur?

Ce serait trop fort. Je ne m'y suis pas opposé. Mais j'étais inquiet.

Le 28 décembre 1999, âgé de 15 ans, alors que vous avez déjà été présenté au président de la Chine, Jiang Zemin, qui a avalisé le choix des autorités tibétaines, vous sautez d'une terrasse de votre monastère et fuyez à travers les montagnes, au péril de votre vie, vers l'Inde. Etait-il important pour vous de rencontrer le dalaï-lama dans son exil de Dharamsala?

Beaucoup de kilomètres séparent le dalaï-lama des habitants du Tibet. Mais ces derniers se sentent proches de lui. Tous ceux qui parviennent à fuir souhaitent en premier lieu rencontrer le dalaï-lama. C'est, pour eux, la réalisation d'un vieux rêve. Et ça l'a été pour moi, aussi.

Comment décririez-vous aujourd'hui votre relation avec lui?

Sa Sainteté le dalaï-lama est le leader spirituel et temporel de tous les Tibétains. C'est un homme hors pair. Sur le plan temporel, il est d'une grande dignité. Sur le plan spirituel, il joue un rôle de premier plan, qui est reconnu dans le monde entier. A titre personnel, j'ai la chance d'entretenir d'excellentes relations avec lui et de recevoir ses conseils.

Sur Internet, une vidéo circule dans laquelle il se tourne vers vous et affirme : "Vous devez continuer mon travail." Cela doit-il être interprété dans un sens spirituel et temporel?

Il s'adresse ainsi à tous les Tibétains, et en premier lieu aux jeunes. C'est à ma génération de protéger, de préserver, de maintenir et de transmettre l'héritage de nos ancêtres. Afin de préserver la spiritualité et la culture tibétaines, nous devons protéger notre identité. Dans la séquence vidéo à laquelle vous faites allusion, il me semble que le dalaï-lama exprime notre proximité.

Si vous deviez succéder au dalaï-lama, sur les plans spirituel et temporel, seriez-vous prêt à le faire?

Sa Sainteté le dalaï-lama me conseille de rester soigneusement à l'écart des questions politiques. Dans ma position, la seule chose qui m'importe est d'aider au maintien de l'héritage culturel et religieux du peuple. Comme individu et comme Tibétain, ma priorité est la condition de mes frères humains, tibétains ou non. Je n'aspire pas à une autre position ou à un autre statut que ceux que j'occupe aujourd'hui. Ce que j'ai me suffit largement. Je ne demande rien de plus.

Pourtant, vous êtes reconnu à la fois par le dalaï-lama et par le gouvernement chinois. A cet égard, vous occupez une position unique. Mieux, depuis votre départ de Chine, Pékin n'a pas émis de remarque hostile vous concernant. N'êtes-vous pas en mesure de faciliter un dialogue, à l'avenir ? Il y a toujours eu, dans les siècles passés, une relation étroite entre le karmapa et l'empereur de Chine.

Ces temps-ci, hélas, je ne vois guère de raison d'être optimiste. En théorie, en effet, je pourrais sans doute jouer un rôle positif ou utile. Je ne parle même pas de politique, mais de simples relations humaines. Chacun doit revenir au bon sens et abandonner toute rigidité idéologique. En pratique, toutefois, comment faire ? La paranoïa règne et nous sommes condamnés à l'immobilisme. Comme Tibétain, comme être humain, si l'opportunité devait se présenter, je serais heureux de contribuer à un déblocage.

De nombreux Chinois se rendent en Inde et assistent à vos enseignements. De Taïwan, de Singapour, mais aussi, pour certains d'entre eux, de Chine continentale. Que cherchent-ils auprès de vous?

A Pékin, le gouvernement est communiste, certes. Et on a parfois le sentiment que rien ne pourra jamais changer. Pourtant, certains Chinois regardent au-delà de leur vie quotidienne. Au fur et à mesure que leur niveau de vie s'améliore sur le plan matériel, ils s'aperçoivent qu'il leur manque quelque chose de plus fondamental - la vie spirituelle. Or, le bouddhisme a une longue histoire en Chine : s'il est une religion que l'on peut qualifier de "nationale", c'est bien elle. De nombreux Chinois se reconnaissent dans le bouddhisme ; un peu comme si cela faisait partie de leur histoire familiale. C'est un retour aux sources. Voilà pourquoi, sans doute, on constate en Chine une renaissance de la pratique bouddhique. La soif de spiritualité ne fait aucun doute. Les sites Internet sont souvent bloqués par la censure, mais les Chinois parviennent à échanger des informations et à établir parfois des liens avec des lamas au Tibet. D'autres s'intéressent au bouddhisme sur un plan purement culturel. Ils veulent apprendre. Alors, ils viennent me voir. D'autant qu'il existe, en effet, de nombreux liens historiques entre les Chinois bouddhistes et les karmapas.

En France, la communauté bouddhiste tibétaine est divisée. Certains, minoritaires, reconnaissent un autre karmapa. Que leur dites-vous?

Je n'ai rien à leur dire car - je vous l'assure, du fond du coeur - je ne veux pas me confronter à qui que ce soit. Je peux seulement parler de moi, plutôt que de prendre position sur le fond. Dans l'histoire sacrée de la lignée, la réincarnation précédente reconnaît le suivant. L'aîné, en quelque sorte, choisit toujours son cadet. Pour ma part, je suis identifié par le 16e karmapa dans une lettre de reconnaissance qui, me semble-t-il, fait foi. Je me contente de respecter la tradition. D'ailleurs, je ne saurais pas comment faire pour revendiquer le statut de karmapa. C'est une question d'ordre spirituel. Si d'autres ne me reconnaissent pas comme la réincarnation du karmapa, qu'y puis-je ?

Partagez-vous le sentiment de frustration, voire d'étouffement, de nombreux jeunes Tibétains en exil?

Oui, ce mot d'étouffement est le bon et c'est ce qui explique le besoin de protester, parfois. Soyons réalistes, cependant. Ce n'est pas ainsi que l'on fera avancer la cause du peuple tibétain. Ce dont nous avons besoin, c'est un projet, un plan et un processus.

Etes-vous inquiet de la perspective d'une explosion violente si le dalaï-lama venait à disparaître?

Oui, c'est une source d'inquiétude majeure pour moi.

Vous êtes un jeune homme qui porte les responsabilités et les charges d'un homme mûr. N'y a-t-il pas des moments où vous souhaiteriez marcher dans les champs, jouer avec d'autres, vivre une vie tranquille...

Je comprends ce dont vous parlez, mais, voyez-vous, mon mode de vie est supportable. Ma formation spirituelle m'aide sans doute. L'esprit humain est sans limites. La capacité de chacun à endurer et à s'adapter ne doit pas connaître de limites.

Avez-vous des nouvelles de vos parents?

J'ai parlé il y a peu avec ma mère. Nous conversons de temps à autre au téléphone. Elle est assez malade.

Pensez-vous un jour revoir vos parents?

Je l'espère beaucoup, oui.

Comment faire?

C'est très difficile. Ils vivent au Tibet, sous le pouvoir du gouvernement chinois. C'est très difficile, je le sais. Je les aime beaucoup. C'est la raison pour laquelle j'aimerais tenter de les revoir. Je leur dis toujours, au téléphone, que j'essaierai de les revoir. Mais je ne sais pas comment faire.

Ont-ils subi des pressions de la part du gouvernement chinois?

Non. Enfin, rien de grave. Désormais, s'ils souhaitent se rendre à Lhassa, ils ont besoin d'une autorisation officielle. Ce n'est pas si terrible. Moi aussi, je devrais demander l'autorisation pour me rendre à Lhassa!

Le karmapa-lama

1985 Le 26 juin, naissance au Tibet d'Apo Gaga, qui sera ensuite reconnu comme le 17e karmapa et se verra attribuer le nom de Ogyen Trinlé Dorjé.

1992 Le 9 juin, le dalaï-lama confirme la reconnaissance.

1999 Le karmapa fuit dans la nuit le monastère de Tsurphu, mécontent des obstacles dont usent les autorités chinoises pour empêcher sa formation.

2000 Après une périlleuse traversée de la chaîne de l'Himalaya, il atteint le 5 janvier Dharamsala, dans le nord de l'Inde, résidence du dalaï-lama.

2008 Il se rend aux Etats-Unis et enseigne pendant deux mois dans la communauté bouddhiste.

2010 Annulation d'une tournée en Europe : les autorités indiennes, peut-être sous la pression de la Chine, lui refusent l'autorisation de voyager.

09.04.2010

« L’orgueil dangereux de la Chine » par Jean-Luc Domenach*

L’ubris - cet orgueil démesuré tant narré par les Grecs - n’est pas une particularité de l’histoire occidentale : la Chine d’aujourd’hui nous en donne la preuve. En effet, depuis le succès de ses Jeux olympiques et la réussite de son plan de relance économique, elle se comporte comme si elle était devenue la deuxième puissance mondiale. Mais une puissance vaniteuse, qui manifeste ouvertement son mépris pour les pays européens et le peu de crédit qu’elle leur accorde. Comme si l’Europe était devenue, pour elle, un fouillis de petits pays sur le déclin, qu’il s’agit de plumer. Et elle semonce ouvertement un président américain qui a pourtant beaucoup fait pour la ménager.

Mais là n’est pas le pire puisque, aussi bien, Obama n’a pas cillé devant les injures, et la puissance américaine, même diminuée, conserve une supériorité écrasante. Plus grave est d’abord le fait que les dirigeants chinois gèrent désormais leur économie pour peser sur le reste du monde. Ce comportement est risqué, car l’éclatement de la bulle financière chinoise pourrait engendrer de graves conséquences, d’autant que les dirigeants chinois n’ont pas encore eu le courage d’organiser la mutation nécessaire d’une économie d’exportation en économie de consommation.

Le pire est aussi que les gesticulations chinoises accompagnent une stratégie qui consiste à mettre à profit les ressources de tous ordres de notre monde, en participant le moins possible à la protection de la paix. Au risque, comme dans les affaires nord-coréenne et iranienne, d’interdire toute solution concertée. La Chine veut bien piller, au mieux acheter, mais non donner. C’est enfin que ce régime, si modeste quand il avait besoin d’aide, se donne aujourd’hui en modèle au reste du monde, offrant aux tyrans corrompus de la planète, de Moscou à Khartoum, la possibilité de parer leurs exactions du prestige de la réussite chinoise. À l’heure où le modèle démocratique vacille et où nos économies stagnent, le danger est réel d’un désastreux clivage faussement idéologique, qui ne ferait que retarder les nécessaires entreprises de coopération. On peut trouver des excuses aux dirigeants chinois. L’Occident a souvent traité scandaleusement mal leur pays ; leurs succès reposent aussi sur l’intelligence et les sacrifices ; ils ont été facilités par les politiques simplistes des dirigeants occidentaux et l’avidité de nos hommes d’affaires. L’ubris dont Pékin fait preuve aujourd’hui ne peut faire oublier la modestie que Deng Xiaoping prônait, la profonde amitié que le peuple chinois voue au reste du monde et, bien sûr, la nécessité de laisser à la Chine une place de choix dans la direction des     affaires du monde. Il n’empêche. Le temps est venu de changer de ton à l’égard du gouvernement chinois. S’il veut notre amitié, il faudra désormais qu’il la mérite.

(*) Directeur de recherche au Ceri-Sciences Po. Auteur de La Chine m’inquiète (Perrin).