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28.04.2008

DEPART POUR L'ASCENSION DU Mt BLANC

Avec un jour de retard je pars à Chamonix. La météo locale n'est pas très favorable pour l'ascension du Mont-Blanc mais je ne perds pas espoir. Le temps change vite en montagne et peut-être que d'ici la fin de la semaine la neige se calmera et se stabilisera sur les pentes.

 J'espère que le dialogue entre chinois et tibétains se confirmera lors de mon aventure. Hier soir, le discours sur France 2  du nouvel ambassadeur de Chine à Paris ne pas pas convaincu. Il reste toujours sur le même langage chinois. INDECROTABLE !

A la semaine prochaine avec j'espère de bonnes nouvelles.

Tashi Delek

19.04.2008

Festival pour la Paix au Tibet

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Le 28 avril à partir de 19 h aura lieu le FESTIVAL POUR LA PAIX AU TIBET

Divan du monde

75 rue des Marthyrs

75018 PARIS

 

VENEZ NOMBREUX ENTREE 5 € POUR SOUTENIR LE TIBET

15.04.2008

Le CNOSF toujours très obéissant devant l'autorité chinoise

David Douillet doit être reçu, cet après-midi,  par M. Sarkozy au sujet du port de ce badge qui n'a rien d'agressif ni d'insultant. Que va décider ce président ? Va--t-il rester dépendant de la raison chinoise ? Va-t-il enfin choisir la voie du courage ?

 

Les athlètes français interdits de badge aux JO<br>

LES ATHLETES FRANCAIS INTERDITS DE BADGE AUX JO

  • Laurent Suply (lefigaro.fr) avec AFP
    15/04/2008
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    Le badge interdit par Henri Sérandour.
    Le badge interdit par Henri Sérandour.

    Le président du Comité national olympique interdit aux sportifs d'arborer le badge «Pour un monde meilleur». Une décision jugée «regrettable» par Bernard Laporte.

    Les « hommes en bleu » avaient bien tenté de le faire disparaitre durant l'étape parisienne de la flamme. Mais c'est finalement Henri Sérandour qui décidé d'interdire totalement le badge « Pour un monde meilleur » que les athlètes français souhaitaient arborer durant les Jeux Olympiques de Pékin.

    « On va respecter la charte qui est: aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d'ouverture et de clôture », a déclaré le président du Comité national olympique et sportif français sur L'Equipe TV . « On ne peut pas mettre un badge pour la cause d'untel, un badge pour une autre cause », a ajouté Henri Sérandour.

    Une position alignée sur celle de Jacques Rogge, président du CIO, qui avait assuré à la Chine que les athlètes seraient absolument libres de s'exprimer... tant qu'ils ne le font pas dans le cadre officiel des Jeux à Pékin.

    Le 4 avril dernier, les athlètes français avaient annoncé leur intention d'arborer ce badge appelant à «un monde meilleur» et représentant les anneaux olympiques au-dessous du mot France, à l'occasion des Jeux de Pékin. « Ce badge a été validé par le président Henri Sérandour », avait alors déclaré David Douillet. Dans un entretien à Sud Ouest le lendemain, le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, avait soutenu cette proposition. «C'est tout simplement la meilleure des réponses possibles et surtout, une bonne solution», avait alors indiqué Bernard Laporte. Henri Sérandour avait même personnellement soutenu l'initiative dans une tribune publiée le 11 avril dans Le Monde. «Je me battrai pour que soit comprise la portée internationale du message des athlètes français, adressé à ceux qui sur la planète ne peuvent pas goûter aux joies élémentaires de la liberté et de la tolérance. Je me battrai pour que ce message d'un monde meilleur auquel ils aspirent ne soit pas que le message des Jeux de 2008 mais celui d'une nouvelle ère», écrivait-il alors.

    La proposition de porter un badge destiné à montrer l'attachement aux droits de l'Homme des sportifs qualifiés pour les jeux Olympiques avait été faite début avril par la Commission des athlètes du CNOSF, après le rejet d'une première initiative du perchiste Romain Mesnil invitant à arborer un ruban vert, considéré comme ayant une trop forte connotation politique.

    Pour rejeter le ruban vert proposé par Mesnil le 21 mars, le CIO avait invoqué l'article 51-3 de la charte olympique qui dispose qu' « aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ».

    Une décision «regrettable»

     

    «Je trouve regrettable qu'on leur interdise de porter ce badge», a déploré sur Radio Classique Bernard Laporte. «Je trouvais le badge pas très agressif. Il n'attaquait ni la Chine, ni rien, il reprenait une phrase de l'olympisme. (...) Maintenant ça dépend du CIO, le CIO est un organisme privé, c'est lui qui décide», a-t-il ajouté.

    Le secrétaire général de Reporters Sans Frontières Robert Ménard a quant à lui qualifié de «minable» cette décision, avant de souligner le «manque de courage» et la «capitulation» devant les autorités chinoises du Comité national olympique.

Le Tibet, à un tournant de son histoire

Par Lodi Gyaltsen Gyari
Envoyé spécial du Dalaï Lama pour le dialogue avec la Chine

Ces dernières semaines, nous avons été témoins de soulèvements sans précédent sur le plateau tibétain. Le gouvernement chinois a réagi par des mesures exceptionnellement brutales, à quelques mois seulement des Jeux olympiques de Pékin.
Depuis le début du dialogue avec le gouvernement chinois en 2002, j’ai, en ma qualité d’Envoyé spécial de Sa Sainteté le Dalaï Lama, profondément redouté que de tels événements ne finissent un jour par se produire. Mais aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer l’ampleur de ces manifestations compte tenu du contrôle très strict exercé par la Chine sur le Tibet.
Plus d’une fois au cours de nos six rencontres avec les représentants chinois, j’ai souligné avec vigueur que la politique de Pékin finirait par acculer les Tibétains. Nous savions en effet que la mise en œuvre impitoyable de mesures destinées à saper l’identité du peuple tibétain, associées à l’arrivée massive de migrants chinois et à des attaques virulentes à l’encontre du Dalaï Lama, ont provoqué auprès des Tibétains un profond sentiment d’exaspération et de frustration. Les protestations des Tibétains ont des racines profondes. Elles sont issues d’un demi-siècle d’une gestion défaillante du Tibet par la République Populaire de Chine.
La Chine doit assumer l’entière responsabilité de la situation tragique qui prévaut aujourd’hui au Tibet. Nous sommes profondément préoccupés par l’interprétation tronquée que les autorités chinoises donnent de la crise. Les antagonismes qui s’aggravent entre les peuples chinois et tibétain pourraient perdurer pendant des générations et porter un préjudice irréparable à l’harmonie des relations entre ces deux communautés.
L’étendue des manifestations, qui dépasse largement les frontières de la "Région Autonome du Tibet", donne raison au Dalaï Lama qui demande l’établissement d’une entité administrative unique regroupant tous les Tibétains.
En porte-à-faux avec les accusations du gouvernement chinois selon lesquelles les Tibétains en exil seraient les instigateurs du soulèvement, les récents événements ont montré que ce sont nos compatriotes à l’intérieur même du Tibet qui ont cette fois inspiré les Tibétains de la diaspora. Je salue le courage des Tibétains qui au risque de leur vie et de leur liberté se battent pour la préservation de leur identité et de leur culture.
En dépit du caractère tragique de la crise, le Dalaï Lama a réitéré son engagement en faveur de la voie médiane (une véritable autonomie pour tous les Tibétains et non l’indépendance) et ne s’est départi à aucun moment de sa position de principe basée sur la non-violence. Il est convaincu que les deux parties tibétaine et chinoise ne doivent pas perdre espoir mais plutôt considérer la crise actuelle comme un défi pour trouver une solution équitable en vue de restaurer la paix et la stabilité au Tibet. Nous avons la ferme volonté de poursuivre nos efforts dans le respect de ces principes.
La répression contre la population tibétaine sur tout le haut plateau doit cesser avant que nous ne puissions parler d’avenir. Il est impératif que les gouvernements à travers le monde qui invitent chacune des deux Parties a reprendre le dialogue, requièrent des autorités chinoises qu’elles leur donnent, ainsi qu’à nous-mêmes, l’assurance que ce dialogue aboutira à des progrès réels et concrets. Des personnes clairvoyantes, comme certains intellectuels à l’intérieur de la Chine ont reconnu que la politique de Pékin est à un tournant historique et que le Dalaï Lama a un rôle déterminant à jouer. A cet égard l’appel du Dalaï Lama en faveur d’une enquête internationale sur les causes des récents événements au Tibet devrait être bien accueilli car elle serait de nature à nous révéler la vérité, et à favoriser la restauration d’une relation de confiance entre les peuples tibétains et chinois.

Le Président Hu Jintao est a présent placé devant un choix unique : substituer à une politique purement répressive une approche réfléchie, mieux adaptée à une superpuissance émergente, soucieuse de s’attirer le respect de la Communauté internationale, qui suit le dossier tibétain de très près.

13.04.2008

Réactions d'internautes chinois

Des internautes chinois lancent des appels au boycott de produits et services français.

Sohu.com, l'un des grands portails de l'Internet chinois, vient d'ouvrir un site ciblé sur la France. La République populaire n'a apprécié ni les invitations lancées au dalaï-lama, ni l'hypothétique boycott de la cérémonie d'ouverture des JO par Nicolas Sarkozy, au soir du 8 août à Pékin.

Sur la Toile comme dans les médias et parfois dans la rue, l'État-Parti chinois ne tolère d'expression publique que celle qui rentre dans la ligne ou sert ses intérêts immédiats. La censure, officiellement, n'existe pas mais elle est omniprésente. Seul son feu vert peut expliquer le déchaînement antifrançais de ces derniers jours sur l'Internet. Morceaux choisis :

Un internaute à Suzhou (province du Jiangsu) : «La France, qui fut l'un des huit envahisseurs de la Chine, parle à tort et à travers. (…) L'Occident dévoile son vrai visage. Les droits de l'homme et la démocratie ne sont que des outils pour accabler la Chine et la dépecer. Chinois, unissons-nous derrière nos dirigeants pour en finir avec le dalaï-lama et la main noire de l'Occident !»

(Pour : 9 109. Contre : 597)

Internaute à Lanfang (Hebei) : «C'est une affaire intérieure à la Chine. Il n'y a pas de différence entre la clique du dalaï-lama et le terrorisme international. (…) Il faut exiger de la diplomatie française qu'elle s'excuse devant le peuple chinois.»

(Pour : 362. Contre : 18)

Internaute : «Ne commettons pas d'erreur diplomatique. La France et l'Allemagne restent à convaincre.»

(Pour : 2. Contre : 0)

Internaute : «Un pays qui accumule les dettes de sang, un président qui ferait mieux de surveiller sa femme. De quel droit osent-ils nous montrer du doigt ?»

Internaute au Canada : «Les forces antichinoises sont à nouveau à l'œuvre, à travers leurs médias. Il faut répliquer coup pour coup. La Chine vaincra !»

Internaute du Guangdong : «Lorsque Sarkozy est venu à Pékin, la Chine l'a flatté avec de grands cadeaux. C'était une erreur. La France nous paie en retour de son arrogance.»

Internaute : «Les Français aurait-elle oublié leurs émeutes de banlieues, l'année dernière ?»

Internaute à Shanghaï : «Honte à la France, pays barbare et sans morale ! Je propose trois réponses. Le boycott de Carrefour (très présent en Chine, NDLR), le boycott de la France par les touristes chinois et le refus de travailler dans des entreprises françaises.»

 

Ce qui est regrettable c'est que l'on n'entend pas la voix des chinois expropriés lors des constructions des lieux sportifs pour les JO ! des Internautes dissidents emprisonnés ou en résidence surveillée, des prisonniers politiques (intellectuels, avocats, journalistes....) et surtout les voix de tous les condamnés à mort exécutés dans des stades où évolueront les athlètes !

Tous ces internautes chinois sont bien trop proches du parti, et ont bien trop d'intérêts à perdre pour ouvrir les yeux !

 

11.04.2008

Le Tibet meurt de nos silences

Voici une bien belle préface M. Kouchner, dommage que les actes ne suivent pas l'écrit !

La préface est tirée du livre : Tibet, l'envers du décor, d'Olivier Moulin, Editions Olizane 1993.

Le Tibet meurt de nos silences

Des cris étouffés s’élèvent de ces montagnes et de ces hauts plateaux. Une population hurle silencieusement vers nous: les Tibétains. Un homme nous tend la main: le Dalaï-Lama

.Le Tibet souffre de nos timidités et de nos conformismes. Le Tibet risque de mourir de nos silences. Lhassa?  Interrogés sur la localisation de cette capitale, la majorité des Français avouent leur ignorance. Les souffrances lointaines restent muettes si les messages ne nous parviennent pas. Et le Tibet est hermétiquement clos aux journalistes. Les envahisseurs chinois ont compris que le premier ennemi de l’oppressiondemeure l’information. Dès lors pourquoi s’engager et surtoutcomment protester si on ne sait pas ce qui se passe ? D’autres barbaries sollicitent les indignations. La conscienceest en panne. Peut-on prendre l’ensemble du malheur de la planète sur soi  ?... Oui. Nous le devons. Ne pas s’indigner devant l’oppression, c’est plier l’échine et se résigner. En tout cas laisser mourir les autres.

 D’abord, il convient d’affirmer que le Tibet est un pays, avec un passé et un présent, comme le prouve le livre riche et passionnant qui suit. En 1950, la Chine a envahi puis annexé le Tibet. Les protestations furent timides. Les diplomates occidentaux s’employèrent à gommer l’incident. Nous sortions de l’affrontement avec le nazisme, l’URSS était notre alliée et le communisme se présentait sous la forme d’une utopie acceptée. Si l’espoir collectiviste a tourné court, les peurs sont encore présentes.

Avec la Chine, qui offre ses marchés, on a préféré le commerce aux Droits de l’Homme. Cela s’appelle le réalisme politique. C’est une vue de l’Histoire, mais à court terme. Toute stratégie d’ampleur, toute politique de longue haleine auraient-elles disparu, remplacées par le démarchage commercial  ?  

Pourtant, on peut facilement dresser le bilan catastrophique de l’occupation chinoise. Plus d’un million de Tibétains auraient péri de mort violente entre 1950 et 1980: 175000 en prison, 156000 sommairement exécutés, 413 000 morts de faim pendant une de ces «réformes agraires» dont les théoriciens marxistes étaient friands, 92 000 morts sous la torture; près de 10000 se seraient suicidés.

 L’opinion mondiale s’émut, un temps, de l’effrayante politique le contrôle des naissances qu’impose le gouvernement de Pékin: avortement même au neuvième mois, stérilisation massive des femmes et aussi des jeunes filles, infanticides en nombre. Dissimulé, l’enfant clandestin n’aurait pas de papiers, pas de rations alimentaires. Il ne pourrait pas fréquenter l’école. Privé d’état civil, il ne trouverait pas de travail et serait réduit à l’exil par le chemin périlleux des hauts cols de l’Himalaya ou à la vie d’un animal traqué.

L’horreur d’une telle politique demeure, mais les réactions se sont estompées. On n’entend ni les défenseurs des Droits de l’Homme, ni les humanitaires qui devraient tous être à l’oeuvre.

Que disent les écologistes pour protester contre la dévastation de l’environnement? Contre les expériences atomiques souterraines? Contre les stockages de déchets radioactifs ? Dans le Changthang, la haute plaine où vivent les nomades, on a décimé les yaks sauvages, les cerfs musqués, les antilopes, les ânes et les chèvres sauvages. On ne voit plus les grands oiseaux du Tibet: aigles, canards, cigognes, corneilles. Les poissons dans les rivières et les lacs pollués se font rares.

Que disent les démographes alors que les Tibétains sont devenus minoritaires chez eux: sept millions de Chinois importés contre six millions de Tibétains ? De 1000 à 3000 Chinois arrivent chaque jour au Tibet. Dans la région de Kong Po, on compte vingt-cinq Chinois pour un Tibétain. Les terres cultivables sont envahies. Les Tibétains ne trouvent plus de travail.

 Que disent ces médecins en charge de la santé du monde alors que la mortalité infantile atteint le chiffre de 43,7 pour 1000  ?  

Que disent les politiques ? Pendant que la Chine accède au capitalisme à marches forcées, créant une impression de modernité et d’ouverture économique, les Chinois au TIbet s’efforcent de détruire la religion, les institutions, la culture et les coutumes de ce peuple. A Lhassa et dans d’autres grandes villes, les Chinois ont ouvert des bars, des dancings, des salles de jeux et des vidéothèques pour dévoyer les Tibétains. Toute étude de j’histoire du Tibet est orientée, toute manifestation nationaliste réprimée durement. La liberté de religion n’existe plus. Les trésors du palais du Potala qui contient les tombeaux des Dalaï-Lamas successifs ont été détruits ou emportés en Chine.

 Que faire si la porte est fermée ? Que tenter si le pays est en cage ? Comment aider nos frères les Tibétains ? En soutenant un homme de notre affection et de nos initiatives. En lisant et en faisant circuler ce livre. En n’acceptant pas le fait accompli de la conquête ni l’atroce purification ethnique à l’oeuvre là-bas, sur le Toit du monde comme au coeur de notre Europe. Triomphe de la pensée d’exclusion ? Ce concept stupéfiant de purification ethnique a fait son chemin dans nos inconscients comme dans nos consciences. Le peuple chinois y participe qui nie le Tibet dans son existence. Je fus frappé par l’attitude des étudiants du Printemps chinois, courageux et nobles, mais singulièrement bornés sur la liberté du Tibet. Ils reproduisaient le discours du nationaliste, comme les Démocrates de Belgrade à propos du Kosovo.

Oui, il convient de soutenir un homme. Pacifiste et philosophe, le Dalaï-Lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, à la sérénité malicieuse, nous est devenu familier.

 J’ai eu l’honneur de m’entretenir avec le Dalaï-Lama à plusieurs reprises. Je me souviens d’une journée précieuse passée ensemble, avec l’abbé Pierre en Dordogne. Nous avons beaucoup parlé, beaucoup appris et beaucoup ri. J’ai du respect et plus encore de l’affection pour cet homme, même si je ne partage pas le mysticisme exalté de certains de ses adeptes.

 Le Dalaï-Lama affirme vivre pour les autres, préoccupé d’alléger leurs souffrances pour semer à travers eux les graines de la paix. Il porte une robe de moine, se lève à l’aube pour prier et s’endort en priant, mais il ne croit pas en Dieu. Il croit en l’Homme, libre et responsable de ses actes, en la force de l’amour contre la haine, du bien contre le mal. Il pratique une religion athée, ce qui n’est pas si bizarre en ces temps de solitudes multipliées. Il s’agit d’une science de l’esprit élevée au Tibet à l’échelle d’un art magistral, un art de vivre moderne et réaliste fondé sur le contrôle de soi, l’expérience humaine et le respect d’autrui. Je reste méfiant, mais cela m’intéresse. On dit que le XIVe Dalaï-Lama est la réincarnation d’Avalokiteshvara, Bodhisattva de la Compassion infinie. Mais lui-même n’en est pas certain. En revanche, il dit en riant avoir été une chenille dans une autre vie. Qu’importe! Une prédiction très ancienne affirme aussi qu’il sera peut-être le dernier Dalaï-Lama d’une lignée jamais interrompue depuis le 14e siècle. Mais lui, y croit-il ?

 Il vient d’un autre monde, un monde qui fut longtemps meilleur mais qui depuis plus de trente ans agonise, victime des crimes perpétrés si loin de chez nous et de manière si insidieuse et si méthodique qu’on a presque oublié le million de Tibétains morts sous le joug chinois. Déjà dans les livres d’histoire qu’étudient nos enfants, le Tibet n’existe plus en tant que nation indépendante. On y parle de «province chinoise ». L’histoire, comme les hommes, manque parfois de mémoire.

Le Dalaï-Lama, que j’ai rencontré pour la première fois en 1989 à l’insu de tous, est un homme chaleureux, dont le rire fuse souvent en cascade. Lorsqu’il ne rit pas, il sourit. Avec son allure d’éternel étudiant, dans sa robe lie-de-vin frangée de safran, il n’a rien d’un «dieu vivant» comme on l’appelle parfois. J’ai vu des larmes perler à ses yeux devant six mille personnes en évoquant l’océan de douleurs dans lequel est plongée l’humanité. C’était dans le sud de la France, il y a deux ans.

Chef spirituel et temporel du Tibet, il a fui son pays pendant la révolte de mars 1959 (10 000 morts) parce qu’il savait qu’il serait plus utile à l’extérieur qu’à l’intérieur, et il a formé dans un village du nord de l’Inde son gouvernement en exil. Un gouvernement démocratique que personne ne reconnaît, surtout pas les gouvernements qui se réclament de la Démocratie. Depuis, il est devenu un citoyen du monde. Il parcourt la planète pour attirer l’attention de l’opinion internationale sur les souffrances qu’endure son peuple et la tragédie à huis-clos qui se joue depuis quarante ans au Tibet, où la violation des Droits de l’Homme s’avère quotidienne et systématique.

 Après la Révolution culturelle et la chute de la Bande des Quatre, un tout petit pan du rideau de fer chinois s’est déchiré, dévoilant des horreurs: les enfants obligés de tirer sur leurs parents, les gens jetés vivants des avions, les moines forcés de copuler avec les nonnes, 6000 temples détruits (des monastères parfois grands comme des villes), et des centaines de lamas, porteurs d’une culture unique sur notre planète, torturés à mort.

Malgré une libéralisation de surface et la soi-disant ouverture du Tibet aux investisseurs étrangers, moyen habile de masquer la colonisation, la répression n’a jamais cessé : arrestations massives et arbitraires, transferts de population, tortures de plus en plus sophistiquées, déforestation, exploitation abusive des sous-sols miniers pour le compte des colons chinois, pollution des rivières par l’extraction inconséquente des gisements d’uranium, bases de recherches nucléaires dispersées à ciel ouvert dans le Nord. C’est clair: Pékin veut un Tibet non seulement chinois, mais un Tibet sans Tibétains. Sa situation géographique en fait une plateforme unique pour lancer une offensive contre l’Inde et la Russie puisque les six grands fleuves d’Asie y prennent leur source. L’an dernier, Amnesty International a dénoncé la poursuite de la répression au Tibet et le parlement en exil a adopté le principe de l’envoi d’une mission à Pékin alors que les négociations entre les deux pays étaient interrompues depuis 1984. Mais ces négociations n’ont pas abouti. Un pas en avant, deux en arrière, c’est la méthode des Chinois qui continuent de refuser le compromis avancé par le DalaÏ- Lama: la Chine conserverait son autorité sur les affaires étrangères et la défense si le Tibet devenait autonome dans tous les autres domaines.

 Le Dalaï-Lama pense que la solution des conflits est fondamentalement spirituelle, que les hommes devront se désarmer eux-mêmes avant de désarmer le monde. Il prône la responsabilité universelle (tous les êtres sont interdépendants et la notion de frontière disparaît ou tend à disparaître), ne croit pas aux idéologies, pense que la religion provoque parfois plus de querelles qu’elle n’en résout et que le but commun à toutes les religions, un but que chacun doit tenter de retrouver, est de cultiver la tolérance, l’altruisme et l’amour.

J’espère qu’il a raison, même si je le trouve bien optimiste. Si le bouddhisme authentique des lamas tibétains disparaît de la surface de la terre, cette perte va créer un déséquilibre qui nous concerne tous. C’est pourquoi le drame du Tibet est aussi notre drame à tous et que nous devons en prendre la responsabilité: tel est le sentiment profond du Dalaï-Lama.

 Le Tibet meurt de nos silences. Est-ce un crime de lèsemajesté que d’exiger des autorités de Pékin l’ouverture sur cette zone d’ombre? Là encore, calmement, sans provocation, avec le respect qui est dû aux autorités de la Chine, la communauté internationale, et surtout la communauté asiatique, doivent proposer, voire imposer un jour, le droit d’ingérence médiatique, le devoir et le droit d’ingérence tout court, au nom de l’urgence en faveur des Droits de l’Homme.

En ces temps de certitudes brisées et de triomphe apparent de la Démocratie, alors que partout exclusions et nationalismes se renforcent, nos enfants nous jugeront sur notre attitude face aux malheurs des Tibétains.

 

10.04.2008

Nouvelles de la flamme olympique à San Fransisco

Pour sa seule étape en Amérique du Nord, la flamme olympique a été accueillie, comme à Paris et à Londres, par de nombreuses manifestations hostiles au régime chinois. Des milliers d'Américains étaient venus dénoncer l'attitude de Pékin à l'égard du Tibet, de la Birmanie ou encore de la région soudanaise du Darfour. Les organisateurs ont été contraints d'écourter et de modifier à plusieurs reprises le parcours de la flamme, qui s'est achevé en catimini sur le tarmac de l'aéroport international de San Francisco, la cérémonie de clôture initialement prévue en bord de baie ayant été annulée à la dernière minute.

La situation était d'autant plus tendue à San Francisco que la communauté chinoise - représentant un cinquième de la population de la ville - était venue en nombre pour soutenir le passage de la flamme. Pour arbitrer ce face-à-face, un important dispositif de sécurité avait été déployé.

Le relais a débuté en début d'après-midi à McCovey Cove près du stade de baseball de San Francisco, avant que la flamme ne disparaisse rapidement aux yeux du public pendant près d'une heure. Peu après que le premier porteur eut embrasé la torche et entamé sa course, escorté des agents de sécurité chinois, le groupe a soudainement disparu dans un vaste complexe d'entrepôts au bord de l'océan. Après une heure d'attente, la flamme est réapparue sur un grand axe nord-sud de la ville, à plus de trois kilomètres de là. Selon le maire de la ville, Gavin Newsom, cette modification du parcours a été décidée afin de contourner les rassemblements de manifestants potentiellement dangereux mais aussi dans un souci de ne pas perdre trop de temps. "Il y avait beaucoup de monde sur les trottoirs et le relais aurait pris du retard", a-t-il expliqué à l'Associated Press par téléphone.
 
"LA SITUATION A ÉTÉ MEILLEURE À SAN FRANCISCO"

Symbole du climat tendu de cette cérémonie, une des relayeuses qui avait dissimulé sous ses habits un petit drapeau du Tibet pour l'exhiber au moment de son passage a été stoppée net dans sa course par les forces de l'ordre. "Les services de sécurité chinois et les policiers se sont rués sur moi pour m'écarter du relais avant de me pousser dans la foule sur le trottoir", a expliqué Majora Carter, une artiste directrice d'une ONG américaine originaire du Bronx. Aucun incident majeur n'a toutefois été été signalé. Pour Jacques, le président du Comité international olympique, "la situation a été meilleure à San Francisco [qu'à Londres et à Paris]" même si "cela n'a pas été la fête heureuse que nous avions souhaitée". Il a toutefois assuré que le périple de la flamme se poursuivrait comme prévu, avec une prochaine étape prévue à Buenos Aires.

Au moment où la flamme jouait à cache-cache avec les manifestants, le sénateur Barack Obama, en lice pour l'investiture démocrate à la présidentielle de novembre, a estimé que si Pékin ne prenait pas des mesures concrètes en faveur du Darfour et du Tibet, le président George Bush se devait de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, en août dans la capitale chinoise. "Si les Chinois ne prennent pas de mesures pour contribuer à empêcher le génocide au Darfour et pour respecter la dignité, la sécurité et les droits de l'homme des Tibétains, le président devrait boycotter la cérémonie d'ouverture", a dit le sénateur de l'Illinois, en déplacement en Pennsylvanie où auront lieu les prochaines primaires, le 22 avril.

08.04.2008

Journée de la flamme éteinte

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389565016.JPGPhoto 1 : Thupten Gyatso, Président de la Communauté Tibétaine de France

Photo 2 : Chinois du Parti Démocrate Chinois exilé en France et pour la cause tibétaine

Photo 3 : Lionnel Luca, député de la nation entouré de Véronique Jannot et Jane Birkin

Photo 4 : Vers le mur de la Paix au Champ de Mars

Photo 5 : Flamme olympique tibétaine portée et accompagnée de deux anciennes prisonnières et torturées par le  gouvernement chinois.

 

Lundi 7 avril la Communauté tibétaine et ses partisans se sont réunis pacifiquement sur le parvis du Trocadéro. Des personnalités politiques, intellectuelles et associatives se sont mobilisées ici et sur le parcours de la flamme.

La manifestation s'est poursuivie vers le mur de la Paix au Champ de Mars sous une pluie glaciale mais le coeur chaud.

05.04.2008

trois conditions pour que Sarkozy soit à Pékin

PARIS (Reuters) - Fin des violences au Tibet, lumière sur les récents événements et ouverture d'un dialogue avec le dalaï-lama sont trois conditions "indispensables" pour que le président Nicolas Sarkozy assiste à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin le 8 août, affirme Rama Yade dans un entretien que publie samedi Le Monde

"Il prendra sa décision au regard de l'évolution des événements actuels et s'exprimera après avoir consulté nos partenaires européens, car il parlera alors en tant que président en exercice de l'Union européenne", explique la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme.

"Néanmoins, trois conditions sont indispensables pour qu'il s'y rende : la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les événements tibétains et l'ouverture du dialogue avec le dalaï-lama".

Rama Yade précise que le dialogue avec le chef spirituel des Tibétains doit porter sur "la reconnaissance de l'autonomie tibétaine et de l'identité spirituelle, religieuse et culturelle" du peuple tibétain.

Prière de dire si elle sera sur le parcours de la flamme olympique lundi à Paris, elle répond que ce rôle revient traditionnellement aux ministres des Sports, en l'occurrence Bernard Laporte et Roselyne Bachelot. "Moi, aujourd'hui, j'aimerais plutôt être à Dharamsala" (ville du nord de l'Inde où vit en exil le dalaï-lama), ajoute-t-elle.

M. Sarkozy aura-t-il le courage d'assumer ses dire ? Arrivera-t-il à persuader les partenaires européens ?

04.04.2008

Itinéraire de la flamme olympique à Paris

Si rien n'est changé au dernier moment voici l'itinéraire de la flamme olympique lundi 7 avril à Paris :

Olympique.pdf

VENEZ NOMBREUX, LES TIBETAINS COMPTENT SUR NOUS TOUS !

Je serai présente avec France Tibet à partir de 11 h sur le parvis du Trocadéro.

 

La flamme olympique entamera son périple parisien depuis le premier étage de la Tour Eiffel, lundi à 12h35, a-t-on appris mercredi lors d'une conférence de presse.Le parcours de la flamme s'achèvera au Stade Charletty après 28 km de parcours à travers le sud et l'ouest de Paris.La flamme passera notamment devant l'Assemblée nationale et sur les Champs-Elysées.Le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) Henri Sérandour a indiqué qu'il n'y avait "pour l'instant pas de plan B" pour modifier le parcours que des défenseurs des droits de l'Homme ont promis de perturber.M. Sérandour a toutefois reconnu être en contact constant avec l'ambassade de Chine.Mercredi matin, le quotidien l'Equipe avait indiqué que le parcours pourrait être modifié à la demande des Chinois, et éviter notamment l'Assemblée nationale.Quatre-vingts sportifs ou anciens sportifs et personnalités porteront la flamme olympique lors de son périple parisien, lundi, a-t-on appris mercredi lors d'une conférence de presse.C'est l'ancien athlète Stéphane Diagana qui sera le premier relayeur et descendra le premier étage de la Tour Eiffel, point de départ de la flamme.Parmi les porteurs qui se succèderont sur 28 km jusqu'au Stade Charléty, on compte notamment David Douillet, Teddy Riner, Pedro Pauleta, Mary Pierce, Fabrice Santoro, Manuela Montebrun, Christophe Dominici ou Christine Caron. Le maire de Paris Bertrand Delanoë a indiqué qu'une banderole en faveur des droits de l'Homme serait déployée sur l'Hôtel de ville à cette occasion.Reporters sans frontières (RSF) prévoit ce jour-là des actions de protestation, a annoncé son secrétaire général Robert Ménard."On avait proposé qu'à côté du coureur de la flamme courre un deuxième coureur avec notre t-shirt (avec impression des anneaux olympiques remplacés par des menottes, NDLR), mais ils ont refusé. On va le faire quand même mais ce ne sera pas en bonne intelligence avec eux comme nous l'aurions souhaité", a précisé Ménard."Chaque fois que la flamme traversera une ville, on sera là pour dire +n'oubliez pas la réalité du Tibet, n'oubliez pas la réalité de la Chine", a-t-il ajouté sans donner de précisions sur les actions envisagées."On demande aux politiques de ne pas aller le 8 août à la cérémonie d'ouverture des Jeux, parce que ce sera la vitrine politique des Jeux", a-t-il encore répété. "Le mouvement olympique subit une pression terrible de la part des Chinois, mais c'est à eux de prendre leur responsabilité".Par ailleurs, les sportifs français vont présenter vendredi un ptrojet de badge destiné à montrer leur attachement aux droits de l'Homme lors des jeux Olympiques de Pékin (8-24 août)."Je pense que ça va frapper fort et que le mouvement va être mondial", a déclaré par téléphone à l'AFP le vice-champion du monde et d'Europe de la perche, Romain Mesnil. "La commission des athlètes du CNOSF veut faire un coup, donc on s'est entendus avec son président David Douillet pour que ça ait un bel impact."

 Les athlètes porteront un badge avec les anneaux olympiques et la phrase : pour un monde meilleur.... pas très mordant !

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